Mostafa Madbouly était en mission séduction à Paris. Au cours de cette visite, le Premier ministre égyptien a rencontré son homologue français Jean Castex à Matignon, ainsi que le Mouvement des entreprises de France (Medef) au Conseil économique, social et environnemental (Cese). Avec le patronat français, Mostafa Madbouly a échangé sur les opportunités d’investissements en Égypte, notamment dans le secteur de l’eau.
Très honoré d’avoir accueilli hier au @medef le PREMIER MINISTRE d’#Egypte et 10 de ses ministres,venus rencontrer une importante délégation d’#entrepreneurs français implantés ds ce pays ami,puissant et stable,où les opportunités d’affaires st nombreuses@MEDEF_I pic.twitter.com/3Drk5emBKO
— Patrick Martin (@patrick01martin) October 26, 2021
Le gouvernement égyptien est engagé dans un plan visant à exploiter les ressources en eau non conventionnelles, notamment le dessalement pour l’approvisionnement de sa population et l’agriculture. C’est une nécessité dans un contexte marqué par le stress hydrique, causé par la sécheresse qui assèche les ressources d’eau de surface. Cette situation est accentuée par la construction du grand barrage de la renaissance éthiopienne (Gerd) qui réduit encore plus le débit du Nil. Pourtant, l’Égypte dépend de ce fleuve pour environ 97 % de son irrigation et son eau potable.
L’investissement dans la mobilité durable
Face à cette situation, le gouvernement égyptien mise sur le dessalement de l’eau de mer. Le Caire prévoit de se doter de 47 usines de dessalement d’ici à 2030 et 67 à l’horizon 2050. Le Caire compte mettre en œuvre son plan en s’appuyant sur des partenariats public-privé (PPP). La visite du Premier ministre égyptien vise donc à inciter les entreprises françaises à investir dans ce secteur essentiel.
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Avec les investisseurs français, Mostafa Madbouly a également discuté des opportunités d’investissements dans la mobilité électrique en Égypte. Ce secteur amorce son développement avec la relance de la compagnie nationale El Nasr Automotive Manufacturing Company, grâce à un partenariat avec le constructeur automobile chinois Dongfeng Motor Corporation. Les deux partenaires ont déjà commencé des tests pour l’assemblage des modèles électriques « E70 ». Les premières voitures électriques baptisées « Nasr E70 » sortiront de l’usine d’El Nasr Automotive au second semestre 2022.
Parallèlement, d’autres investisseurs locaux mettent en place des infrastructures nécessaires à la mobilité électrique, notamment des stations de recharge. L’appel lancé par le Premier ministre Madbouly vise à attirer les investissements français pour le développement d’une mobilité moins émettrice de CO2. Actuellement, plus de 165 entreprises françaises investissent un total de 5 milliards d’euros et fournissent 38 000 emplois en Égypte. Dans le même temps, les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint 3 milliards de dollars en 2020, soit une hausse de 20 % par rapport à 2019, selon le gouvernement égyptien.
Jean Marie Takouleu